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Biographie

Jeunesse et études

Əhmədiyyə (Ahmadiyya) Djabraïlov est né le 22 septembre 1920 dans le village d'Oxud, district de Şəki (alors Noukha), en Azerbaïdjan. Son enfance et sa jeunesse se sont écoulées parmi les paysages et les habitants de son village natal — des années qui ont posé les fondations d'une résilience qu'il ne perdra jamais, même dans les épreuves les plus dures de sa vie.

La vie rurale simple, l'éducation familiale et le travail assidu, typiques des villages azerbaïdjanais de cette époque, ont façonné son caractère. Le relief montagneux et boisé de la région de Şəki, et l'endurance de ses habitants, lui seront précieux plus tard, dans les montagnes et forêts d'une France lointaine, lors du combat qu'il y mènera.

À la fin des années 1930, l'Azerbaïdjan, comme le reste de l'Union soviétique, se préparait à la mobilisation militaire. Comme ses contemporains, le jeune Ahmadiyya grandissait sous l'ombre grandissante de la guerre qui approchait.

Portrait d'Ahmadiyya Jabrayilov avant la Seconde Guerre mondiale
Source: Wikimedia Commons (Ahmadiyya_Jabrayilov_before_World_War_II.jpg) — CC BY-SA 4.0 / PD-France. Archive of Javanshir Jabrayilov / House-Museum of Ahmadiyya Jabrayilov, Şəki.

Guerre

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Ahmadiyya Djabraïlov, comme des milliers d'autres Azerbaïdjanais, est mobilisé dans l'Armée rouge. Il combat au front comme simple soldat soviétique, présent dès les premières phases de son parcours militaire sur les champs de bataille d'Europe de l'Est.

Durant les années les plus dures de la guerre, comme des milliers d'autres soldats, Ahmadiyya est témoin de combats acharnés, de replis et de privations. Si les détails complets de cette période ne sont pas entièrement documentés, son destin ultérieur — la capture, puis son entrée dans la Résistance en France — témoigne clairement de l'empreinte laissée par ces années.

L'endurance et la détermination dont il fait preuve au front lui seront bientôt à nouveau nécessaires, dans un pays entièrement différent, pour un combat entièrement différent.

Ahmadiyya Jabrayilov dans l'Armée rouge
Source: Wikimedia Commons (Ahmadiyya_Jabrayilov_in_Red_Army.jpg) — PD-Russia-1996. Archive of Javanshir Jabrayilov / House-Museum of Ahmadiyya Jabrayilov, Şəki.

Captivité

Au cours des combats, Ahmadiyya Djabraïlov est fait prisonnier par les forces allemandes. Comme des milliers d'autres prisonniers de guerre soviétiques, il est détenu dans des conditions dures et dangereuses, soumis au régime sévère des camps de prisonniers.

Le temps passé en captivité fut l'une des épreuves les plus dures de sa vie. C'est pourtant cette épreuve même qui renforça sa détermination à recouvrer la liberté, et qui marqua le début du chemin qui le conduira à s'évader et à rejoindre la Résistance française.

Les détails exacts de son évasion, comme ceux de milliers de destins semblables à cette époque, ne sont pas entièrement documentés. Mais l'issue est sans ambiguïté : Ahmadiyya se libéra de sa captivité et rejoignit les rangs des résistants dans le sud de la France.

Photo du camp de Valleroy exposée à la maison-musée
Source: Wikimedia Commons (Photo_of_Valleroy_concentration_camp_in_House-museum_of_Ahmadiyya_Jabrayilov.JPG) — CC BY-SA 4.0 / PD-France. Archive of Javanshir Jabrayilov / House-Museum of Ahmadiyya Jabrayilov, Şəki.

La Résistance

Après s'être évadé de captivité, Ahmadiyya Djabraïlov rejoint la Résistance française (le maquis) opérant dans le département du Tarn-et-Garonne. Il combat au sein du maquis de Cabertat, dans le détachement Delplanque.

Parmi ses camarades français, il est connu sous les noms de guerre « Armed Michel » (parfois orthographié « Ahmed Michel »), « Ryus Armed » et « Kharko ». À l'époque, des milliers d'étrangers présents en France — dont des soldats évadés de la captivité soviétique — rejoignaient les groupes de résistance locaux, devant souvent dissimuler leur véritable identité ; le surnom « Ryus » (« le Russe ») était, dans ce contexte, un nom générique donné aux combattants venus d'Union soviétique, indépendamment de leur nationalité réelle.

Au sein du maquis de Cabertat, Ahmadiyya combat aux côtés de ses camarades français, partageant les dangers de la guerre clandestine menée contre les forces d'occupation. Son sacrifice, comme celui des autres maquisards, contribue à la libération de la France.

Pour son courage durant ces années, Ahmadiyya Djabraïlov fut décoré de distinctions militaires françaises.

Sous le nom "Ahmed Michel" pendant la Résistance
Source: Wikimedia Commons (Photo_of_Akmed_Michel_during_Resistance.jpg) — PD-France. Archive of Javanshir Jabrayilov / House-Museum of Ahmadiyya Jabrayilov, Şəki.

Le retour au pays

Après la fin de la guerre, Ahmadiyya Djabraïlov retourne dans son Azerbaïdjan natal. Après avoir combattu, loin de chez lui, en France, pour la liberté d'un peuple qui n'était pas le sien, il retrouve son village et les siens.

Ce retour fut pour lui à la fois un moment de joie et une période d'adaptation à une vie nouvelle. Portant toujours le lourd fardeau des années de guerre et de captivité, Ahmadiyya choisit la voie d'une vie paisible, fondant une famille et se consacrant au travail quotidien.

Son parcours extraordinaire — de Şəki aux montagnes de France, puis retour à Şəki — resta longtemps largement méconnu du grand public, mais demeura vivant au sein de sa famille et de ses proches.

Les dernières années

Au cours des décennies suivantes, Ahmadiyya Djabraïlov vécut à Şəki et éleva sa famille. Son fils, Mikayıl Djabraïlov, perpétua la détermination de son père et fut plus tard honoré à titre posthume comme Héros national d'Azerbaïdjan.

En 1990, la mort de son fils Mikayıl pendant la guerre du Haut-Karabakh fut une perte immense pour Ahmadiyya — la tragédie d'un père, lui-même survivant d'une guerre, perdant son fils dans une autre.

Malgré cette perte profonde, Ahmadiyya Djabraïlov continua de vivre à Şəki jusqu'à la fin de sa vie, partageant son histoire avec ses proches.

Mort et postérité

Ahmadiyya Djabraïlov s'éteint le 11 octobre 1994 à Şəki. Son parcours de vie — d'un village de Şəki à l'Armée rouge, de la captivité à la Résistance française, puis le retour vers sa terre natale — est une histoire de résilience et de courage inscrite dans le contexte de certains des événements les plus dramatiques du XXe siècle.

Sa mémoire est honorée tant en France qu'en Azerbaïdjan. En 2016, une plaque commémorative a été inaugurée à Cabertat, rendant officiellement hommage à son sacrifice et à celui de ses compagnons pour la libération de la France. En Azerbaïdjan, un monument a été érigé dans son village natal d'Oxud, une maison-musée a été créée à Şəki, des cérémonies d'État ont marqué le centenaire de sa naissance en 2020, et un timbre-poste a été émis en son honneur.

L'histoire de la vie d'Ahmadiyya Djabraïlov continue aujourd'hui d'être racontée comme le symbole d'une histoire et d'une amitié partagées entre deux peuples : l'Azerbaïdjan et la France.